Introduction
Dans l’article précédent (lien ici), nous avons vu le choix d’investissement. Nous avons vu de quoi il s’agit, quels sont les critères d’investissement et ce qu’on prend vraiment en compte pour estimer la rentabilité d’un projet. Maintenant qu’on a fait un choix de projet, c’est bien beau, mais il faut de l’argent pour pouvoir investir. Et c’est généralement à cette étape que beaucoup de personnes bloquent. Que faut-il faire, comment acquérir de l’argent et par quels moyens? Quand faut-il recourir aux emprunts et pourquoi les grandes entreprises sont toujours endettées? L’article d’aujourd’hui s’attarde ainsi sur le choix de financement. Nous verrons ainsi les deux formes ordinaires (fonds propres et emprunt) ainsi que les autres formes de financement.
Section 1 : financement par fonds propres
Les fonds propres sont constitués de tout l’argent qui provient de l’entreprise ou de ses associés. Il existe différentes formes de fonds propres utilisables, qui seront explicitées dans les lignes qui suivent.
I- Capital
Le capital se définit comme une somme d’argent ou un bien évalué qui est fourni par un ou plusieurs investisseurs dans l’optique de constituer et de faire fonctionner une société. Ainsi, c’est la forme la plus connue du financement : vos propres poches!
Lors de la constitution d’une société, vous devez injecter de l’argent qui va constituer votre capital. En effet, c’est ce capital qui sera utilisé pour investir dans le matériel et faire tourner l’entreprise. Mais en plus de cet argent (appelé apport en numéraire), certains actionnaires peuvent aussi apporter un bien (on parle là d’apport en nature) qui aidera l’entreprise : immeuble pour y installer les locaux, fonds de commerce qui permettra de démarrer avec une clientèle dès le départ, voire l’investissement proprement dit. Ainsi, si vous voulez investir dans une machine à glaces pour vendre des crèmes glacées, un des actionnaires peut lui-même apporter ladite machine. Les apports en nature doivent être inspectés puis évalués par un commissaire aux apports, afin de savoir à combien cela va correspondre dans le capital. Il existe un troisième type d’apport, appelé apport en industrie, selon lequel un actionnaire obtient des actions en échange d’une compétence qu’il possède. Cette forme d’apport est rare, et d’ailleurs interdite pour certaines formes de sociétés comme les sociétés anonymes.
En plus du capital à la constitution, les sociétés peuvent aussi recourir à une augmentation du capital. Ici, les actionnaires font des apports supplémentaires, ou de nouveaux actionnaires entrent dans le capital afin d’augmenter la capacité à investir.
1- Avantages
- Le capital est adapté aux besoins de l’entreprise;
- Il n’y a aucune urgence pour verser les dividendes (montant qui est versé aux actionnaires lorsque la société génère des bénéfices) au détriment de la société. Ainsi, si j’investis 1 000 000 F en 2018, en fin d’année, je peux avoir 100 000 F de dividendes, en 2019 150 000 F, et 2020 0 F. Rien ne presse la société pour que j’aie un retour sur investissement rapide, tout dépend purement de comment elle se porte et de sa stratégie.
2- Inconvénients
- Ce qui est un avantage pour l’entreprise est un inconvénient pour les investisseurs : leur retour sur investissement peut être aléatoire, voire ne jamais arriver;
- Des actionnaires peuvent prendre un plus grand contrôle de la société lors de l’augmentation du capital, et réduire les dividendes que toucheront les autres actionnaires. Exemple : une société a un capital de 1 500 000 F et deux actionnaires, 1 et 2 qui ont chacun apporté 750 000 F (soit 50% du capital). Ainsi, si l’entreprise a un bénéfice de 10 000 000 F, chacun touchera 5 000 000 F (50%). Cependant, si l’actionnaire 1 décide d’apporter 500 000 F pour faire passer le capital à 2 000 000 F, il aura donc un apport de 1 250 000 F, soit 62.5% du capital. L’autre actionnaire, avec ses 750 000 F, aura 37.5% du capital. Si l’entreprise a un bénéfice de 10 000 000 F, l’actionnaire 1 touchera : 10 000 000 F × 62.5% = 6 250 000 F. L’actionnaire 2 touchera le reste, 3 750 000 F;
- Des nouveaux actionnaires, extérieurs à la société, peuvent prendre son contrôle. Ainsi, si le capital passe de 1 000 000 F à 2 500 000 F parce qu’un actionnaire 3 a apporté 1 500 000 F (60% du capital), il deviendra actionnaire majoritaire et pourra prendre le contrôle décisionnel de votre propre société!
II- Réserve (ou autofinancement net)
Il s’agit ici de fonds provenant de l’activité de la société dans les exercices précédents. Si par le passé, l’entreprise a eu des bénéfices nets totalisant 50 000 000 F et n’a distribué que 30 000 000 F de dividendes, il va rester 20 000 000 F qui vont aller dans les réserves.
Dans la zone OHADA, la loi oblige les entreprises à avoir une réserve dite légale, correspondant à 10% du capital. En plus de cela, une réserve peut être définie par les statuts de la société (réserve statutaire) et une réserve exceptionnelle peut même être constituée en prévision d’un gros investissement futur.
Vous l’aurez donc compris, le financement par les réserves n’est réservé qu’aux entreprises anciennes ayant déjà une bonne santé financière.
1- Avantages
- Ressources internes : elles ne dépendent d’aucun intervenant externe à la société et ne nécessite l’entrée de personne;
- Ressource gratuite et non exigible vu qu’elle appartient à la société et pas à un actionnaire individuel.
2- Inconvénients
- Les réserves sont rares : elles sont conditionnelles à une excellente santé financière préalable de l’entreprise et donc elles sont peu communes;
- Le montant des réserves est aléatoire, vu qu’il dépend strictement des performances de l’entreprise et de la répartition des bénéfices (entre réserves et dividendes). Il n’est donc pas très indiqué de faire des prévisions élevées dessus ou sur le long terme.
III- Compte courant d’associé
C’est une somme d’argent que les actionnaires (encore appelés associés) prêtent à la société pour une durée déterminée. Ainsi, L’associé 2 peut prêter 2 000 000 F à rendre dans 3 ans et avec un taux d’intérêt de 10%. Pendant ces 3 ans, il n’aura pas accès à cet argent.
NB : D’autres financiers considèrent les comptes courants comme un emprunt et non des fonds propres, car les associé prêtent de l’argent. Cela est à votre appréciation.
1- Avantages
- Cela permet qu’un actionnaire augmente la capacité d’investissement de son entreprise sans que cela ait un impact sur les dividendes que chacun va percevoir, vu que ce prêt n’augmente pas le capital;
- Cet emprunt est beaucoup plus facile à obtenir que celui auprès d’entités externes à l’entreprise;
- Le remboursement est plus flexible. En effet, ce n’est pas dans l’intérêt de l’actionnaire que l’entreprise sombre pour le rembourser, donc en cas d’impossibilité de remboursement à échéance, un accord peut toujours être trouvé.

2- Inconvénients
- Cela reste une dette sur le plan strictement financier, et donc l’entreprise doit supporter des coûts de la dette;
- Les comptes courants bloqués ne sont pas accessibles durant toute la durée du prêt, contrairement à un prêt bancaire qui est progressivement remboursé chaque année ou chaque mois. Ce qui est problématique pour l’actionnaire prêteur.
Voici donc les principales sources de financement par fonds propres. Elles sont à privilégier dans le cas d’un investisseur qui cherche à être totalement indépendant. Dans le cas contraire, il devra recourir aux emprunts.
Section 2 : financement par emprunts
Un emprunt est une somme d’argent ou un bien qui est pris à des entités, et qui est destiné à être remboursé ou remis en contrepartie d’un intérêt. Il prend plusieurs formes, comme nous le verrons dans les lignes suivantes.
I- Emprunt auprès d’une banque
Comme son nom l’indique, c’est de l’argent qui est pris à une banque, et qui sera remboursé les années suivantes. Un emprunt bancaire est caractérisé par le montant initial, la durée, le taux d’intérêt et le type de remboursement. Le plus courant étant le remboursement par annuités constantes (l’emprunteur rembourse le même montant chaque année).
Généralement, pour qu’une nouvelle entreprise puisse emprunter, il faut établir ce qu’on appelle un business plan, un ensemble de documents démontrant la probabilité élevée que l’investissement sera rentable. Il comprend une étude de marché, les chiffres d’affaires prévus, deux plans de financement, un tableau d’annuités de remboursement et plusieurs autres. Un bilan financier peut aussi être nécessaire. Nous le verrons dans le prochain article.
1- Avantage : l’effet de levier
L’effet de levier est un surplus de rentabilité qu’une entreprise obtient parce qu’elle a emprunté. À première vue, cela semble contre-intuitif. Une petite démonstration fictive s’impose.
Prenons l’exemple de la vente de glace. Ma sœur et moi investissons 100 000 F pour acheter une machine à glace. J’ai dépensé 100 000 F. Ma sœur a dépensé 60 000 F et a emprunté 40 000 F, au taux de 10%. À la fin de de l’année, après nos ventes et après retranché les charges d’exploitation, nous nous sommes tous deux retrouvés avec un résultat d’exploitation de 40 000 F. Nous avons investi 100 000 F et avons eu 40 000 F de bénéfice d’exploitation. Nous avons donc obtenu une rentabilité de 40 000 / 100 000, ou 40%. On appelle cette rentabilité, la rentabilité économique.
Sauf que ma sœur a des charges supplémentaires : l’intérêt sur emprunts de 40 000 × 10% = 4 000 F. Son bénéfice final est donc de 36 000 F, tandis que le mien reste à 40 000 F.
Maintenant, évaluons la rentabilité sur nos dépenses. J’ai dépensé 100 000 F et ai obtenu un bénéfice net de 40 000 F. La rentabilité sur mes dépenses reste à 40%. Ma sœur quant à elle, a un bénéfice net de 36 000 F, mais ses dépenses personnelles ne s’élèvent qu’à 60 000 F. Sa rentabilité de ses dépenses (ou capitaux propres) est de 36 000 / 60 000 = 60%. Soit une augmentation de 20% sur la rentabilité économique! Cette deuxième rentabilité des dépenses, est appelée rentabilité financière. Et ce surplus de rentabilité de 20% parce que ma sœur a choisi d’emprunter, est l’effet de levier.
| Éléments | Moi | Ma sœur |
| Les dépenses de nos poches | 100 000 | 60 000 |
| Argent emprunté | – | 40 000 |
| Total des capitaux investis | 100 000 | 100 000 |
| Résultat d’exploitation | 40 000 | 40 000 |
| Rentabilité économique | 40% | 40% |
| Intérêt sur l’emprunt | – | 4 000 |
| Bénéfice net | 40 000 | 36 000 |
| Rentabilité financière | 40% | 60% |
| Effet de levier | 0% | 20% |
Vous avez désormais une explication de pourquoi beaucoup de grandes entreprises prennent l’habitude d’emprunter en permanence. Elles gagnent en fait plus d’argent en procédant ainsi!
Pour les entreprises naissantes ou start-ups, il existe des banques dédiées. L’on peut citer la banque des PME et la banque africaine de développement.
2- Inconvénients
- Les banques font difficilement confiance aux nouvelles entreprises. En effet, les start-ups ont un taux élevé de faillite dans les 2 premières années, et leur prêter de l’argent s’avère trop risqué;
- Le défaut de remboursement peut entraîner la liquidation de la société, ou sa prise de contrôle par la banque (si la banque convertit la dette en actions);
- L’effet de levier ne fonctionne que si la rentabilité économique est supérieure au taux d’intérêt (respectivement 40% et 10% dans l’exemple plus haut). Dans le cas contraire, il y aura plutôt une diminution de la rentabilité financière, et on parlera alors plutôt d’effet de massue.
II- Emprunt auprès d’une microfinance
Un établissement de microfinance (ou EMF) est un établissement non banquier qui exerce l’épargne et le crédit comme activités habituelles. Il y a trois types d’EMF, et c’est ceux de deuxième et de troisième catégorie qui sont aptes à accorder un crédit aux tiers. De même, il existe des établissements qui sont plus à même d’offrir un prêt aux entreprises naissantes, comme Advans.
1- Avantage
- Les conditions d’octroi de prêt sont plus souples. Il n’y a quasiment aucune demande de garantie;
- Les taux d’intérêt sont plus bas;
- Les échéanciers de remboursement sont assez souples.
2- Inconvénients
- Le montant des crédits octroyés est faible. On parle très souvent de microcrédits;
- Les échéanciers, quoique souples, sont très courts.
Ainsi, il n’est pas facile d’investir avec une si petite somme d’argent, et ce sur une période aussi courte. C’est pourquoi les emprunts auprès d’EMF sont plus indiqués pour les déficits de trésorerie (financement à court terme) que pour les investissements, à moins que le délai de récupération (rappel : temps entre l’investissement et le moment où il y a retour sur investissement) soit très court.
III- Emprunt obligataire
Lorsque l’entreprise a besoin d’investissements colossaux, de l’ordre de plusieurs centaines de millions, voire de milliards, elle peut lancer une aide publique à l’épargne. Ainsi, Tout individu ou entreprise désirant gagner un peu d’argent pourra souscrire à ce qu’on appelle des obligations, ou titres obtenus en échange d’un prêt.
1- Avantages
- Permet d’obtenir des emprunts énormes;
- Le taux d’intérêt est relativement faible comparé à ceux pratiqués pour les banques;
- Le risque de défaut de paiement est supporté par beaucoup de tiers, et donc moins dissuasif pour les prêteurs.
2- Inconvénient
Le souci pour ce type d’emprunt est le risque élevé de défaut de paiement. En effet, si les flux de trésorerie générés ne sont pas ceux escomptés et qu’il y a défaut de paiement, ce sera certes plus facile à supporter pour chaque obligataire (détenteur d’obligations), mais ce sera un véritable cataclysme pour l’entreprise, qui pourrait se retrouver en faillite à cause d’une dette gigantesque.
IV- Crédit-bail
Le crédit-bail est la location d’un bien pour une ou plusieurs années, assortie d’une option d’achat. Il peut être assimilé au prêt avec option d’achat des droits d’un footballeur dans un club. Ainsi, une entreprise emprunte un bien matériel et s’en sert pendant une durée déterminée, en payant des redevances chaque année. À la fin de cette période, l’utilisateur a trois options :
- Prolonger le contrat de location;
- Rendre le bien au prêteur;
- Acquérir le bien en payant un montant appelé levée d’option d’achat.
1- Avantages
- Il est utile pour les projets d’investissement à courte durée;
- Il donne à l’emprunteur du bien suffisamment de temps pour décider si l’acquisition du bien en vaut la peine.
2- Inconvénient
Au lieu de louer un bien auprès d’une entreprise qui en fait le commerce, il est toujours plus économique d’acheter le bien directement. Ainsi, l’emprunteur supporte des coûts supplémentaires, en plus du coût de la dette.
Nous avons donc vu les financements les plus récurrents par fonds propres et par emprunts. Cependant, il en existe d’autres, par fonds propres ou emprunts, que l’on rencontre moins souvent mais qui pourraient toujours vous être utiles.
Section 3 : autres financements
I- Subvention d’investissement
Il est possible pour une société avec un minimum de crédibilité de bénéficier d’une aide pour l’investissement. En effet, la subvention d’investissement correspond à un montant alloué par une autre entité pour acquérir un bien servant à faire tourner l’activité. Cette entité est très souvent l’État, mais peut aussi être une ONG. Greenpeace peut ainsi octroyer une subvention de 50 000 000 F à une entreprise qui désire faire un champ d’éoliennes à Yaoundé, le gouvernement gabonais peut octroyer une subvention de 10 000 000 F à une entreprise de production de lait pour l’aider à s’équiper et à faire face à la concurrence étrangère.
Le seul inconvénient notable est que par un jeu fiscal, une partie de la subvention est récupérée par l’État, sous forme d’impôts sur les sociétés. Au Cameroun, l’IS s’élève à 33%, donc de l’aide de Greenpeace, seuls 33 500 000 F seront effectivement encaissés par l’entreprise.
II- Entrée en bourse
Les très grandes entreprises peuvent se retrouver avec des besoins de financement vraiment énormes, de l’ordre d’une centaine de milliards de francs. Aucune banque ne leur octroiera un tel montant, et elles ne désirent pas emprunter (donc pas d’obligations). Elles peuvent alors devenir des entreprises cotées en bourse. Le principe, c’est que désormais, elles mettent leurs actions en circulation pour que n’importe qui dans le monde puisse les acheter. Plus il y aura d’acheteurs, plus la valeur des actions va augmenter et plus l’entreprise aura d’argent pour investir. Ces acheteurs vont entrer dans le capital, donc comme on l’a vu plus haut, l’entreprise n’aura pas besoin de les rembourser.
Il y a deux inconvénients ici. Le marché boursier et instable. En effet, si l’achat d’action est basé sur la confiance en la bonne gestion de l’entreprise, un scandale financier ou même une rumeur peut amener les détenteurs d’actions à revendre massivement ces dernières (de peur de perdre trop d’argent sur leurs valeurs) et ainsi à ruiner l’entreprise. L’exemple le plus célèbre reste sans doute celui de l’entreprise Enron, dont le dirigeant trafiquait les états financiers. En 2001, le pot-aux-roses a été découvert : l’entreprise a perdu ses 68 000 000 $ de capitalisation boursière, et a fait faillite en quelques mois! L’autre inconvénient est que les actionnaires internes de l’entreprise perdent une partie de leur pouvoir décisionnel et des dividendes qu’ils pourraient toucher.

III- Emprunt auprès de particuliers
Les établissements de crédit ne sont pas les seuls capables de prêter de l’argent. En réalité, tout particulier, toute structure peut prêter de l’argent. Mais la différence est qu’en l’absence d’agrément du ministère des finances, nul n’est autorisé à percevoir des intérêts sur son prêt. Vous comprenez bien, prêter 1 000 F pour espérer 1 100 F, ce n’est pas légal sans autorisation officielle!
Bien peu d’entreprises et de structures accepteraient de sacrifier une importante trésorerie sans la moindre contrepartie. Il serait préférable d’emprunter à un individu (un oncle, un ami, un parent qui supporte le projet) et lui rembourser l’emprunt avec la trésorerie de l’entreprise. Pour ce qui est des intérêts, cela peut se régler en aparté, entre le particulier et vous (un actionnaire, pas une entreprise). Si par exemple, votre entreprise signe une convention d’emprunt de 1 000 000 F auprès de votre oncle, mais avec un taux d’intérêt de 10% (soit un intérêt de 100 000 F), ce taux d’intérêt ne figurera pas sur la convention, vu qu’il est interdit. L’entreprise ne pourra verser que 1 000 000 F à votre oncle, et vous devrez verser 100 000 F à votre oncle de vos propres poches. Car si l’entreprise verse 1 100 000 F à votre oncle, l’intérêt de 100 000 F sera considéré comme une rémunération occulte, et l’entreprise sera redressée par l’administration fiscale.
IV- Business angel
On peut le définir comme un investisseur prêt à offrir du capital à une start-up, souvent échange de la moitié des actions. L’investisseur peut être un individu, mais est très souvent une ONG ou une entreprise. Il existe deux catégories de business angels :
- Ceux qui financent des start-ups choisies via une sélection ou un concours. L’on peut citer le hackathon de MTN ou le POESAM d’Orange, ou le célèbre The Tony Elumelu Foundation;
- Ceux que les investisseurs vont chercher pour présenter leurs projets. Il s’agit très souvent d’organismes gouvernementaux. Au Cameroun, nous avons l’APME (Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises) qui s’en occupe.
Être sélectionné nécessite cependant d’avoir un dossier en béton, du niveau de ce qui est proposé aux banques. De même, cet argent, si donné, ne sera perçu qu’à 67% à cause de l’impôt sur les sociétés (à moins qu’il constitue le capital de la société elle-même).
Conclusion
À la fin de cet article, nous avons vu les points suivants :
- En section 1, le financement par les fonds propres, de l’entrepreneur ou de son entreprise;
- En section 2, le financement par emprunts auprès de différentes entités;
- En section 3, d’autres formes de financements, plus rares en Afrique.
Il existe ainsi une myriade de possibilités pour se faire financer. De même, l’emprunt a été démystifié et l’on a montré que c’est loin d’être une alternative aussi mauvaise. Néanmoins, force est de constater que ces possibilités ne sont finalement pas aussi nombreuses dans plusieurs pays, particulièrement au Cameroun. La plupart des entreprises fonctionnant dans l’informel, elles sont incapables d’emprunter, d’être cotées en bourse ou de bénéficier de subventions. Dans les faits, c’est soit sa propre poche, soit l’aide d’une connaissance. De surcroît, même les entreprises naissantes n’ont pas la confiance des établissements financiers, trop méfiants dans un contexte où la plupart des start-ups font faillite après deux ans.
Sources :
Nicéphore Bouopda, «Finance d’entreprise I», IME
Dr Aboubakar, «Entrepreneuriat et création d’entreprises», université de Ngaoundéré
Grupo Segura, «business people shaking hands» https://www.fsegura.com/en/segura-group/suppliers/49572474-business-people-shaking-hands-2/
Capital, «La séance de bourse : tout ce qu’il faut savoir aujourd’hui» https://www.capital.fr/entreprises-marches/morning-meeting-aof-france-europe-net-rebond-attendu-grace-a-wall-street-1321278
